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Organiser la vie au large

19/11/2008

Organiser la vie au large

Cette fois, vous y êtes… Devant vous l'Atlantique déroule ses vagues et les alizés sont bien installés. Il est temps d'y aller, de l'autre côté, les îles paradisiaques des Antilles vous attendent ! Mais pour vivre au mieux ce moment si particulier qu'est la transat, voici quelques conseils pour organiser la vie à bord.

Comme chaque année entre décembre et mars, pour quelques uns le rêve est en train de se concrétiser. Après avoir quitté les côtes de l’Europe du Nord et de l’Ouest pendant que les jours étaient encore cléments, les voici aux portes de l’océan : la traversée de l’Atlantique est pour demain. S’il vous reste quelques interrogations sur l’organisation de votre vie à bord pendant ces jours en apparence toujours identiques et pourtant toujours différents, voici de quoi affiner votre préparation.

La vie quotidienne au large s’organise autour de la conduite du navire et du rafraîchissement de l’estime, quarts de barre et de veille, prise quotidienne de la météo, relèvement d’une droite de hauteur le matin ou l’après-midi et de la méridienne du jour pour le point astro (ou GPS pour les réfractaires aux calculs), entretien (réparer, graisser, maintenir, etc.) et tour de sécurité du navire. Une fois cet aspect bien cadré, les autres activités trouvent naturellement leur place en particulier la pêche et la cuisine sans oublier le ménage et la vaisselle (hygiène et propreté du bateau). C’est l’occasion de mettre “la main à la pâte” pour les garçons.

Ritualiser certaines activités est rassurant et permet d’apporter de la stabilité dans un milieu par nature instable et imprévisible ; en ce qui me concerne en longue traversée, le dîner est le rituel de réunion de tout l’équipage. C’est souvent le moment de la journée où tout le monde est éveillé, tonique.

Respecter le temps de retrait de chacun pour se retrouver intérieurement est indispensable aussi. Cependant, le retrait doit rester positif, “bouder” est une forme de retrait malsaine qui peut rapidement dégrader la vie à bord.

Pour l’organisation des quarts, je suggère des quarts courts pour les équipages réduits. Plus les nuits sont froides et/ou longues, plus les rotations seront fréquentes. Au départ des Canaries à sept dont le skipper, les premiers jours les quarts de nuit (3h = 180 min) peuvent se faire à deux avec une rotation à la barre toutes les 20 min, l’équipier libre somnolant à proximité du barreur. Ensuite, les quarts de nuit peuvent être solitaires s’ils sont courts (60 à 90 min). Dans la mesure du possible ou en équipage de cinq personnes et plus, le skipper est hors quart afin de rester disponible à toute sollicitation de l’équipage. Et à partir de six personnes (15 ans et +) à bord, une deuxième personne peut être hors quart tous les trois jours (une nuit complète de sommeil pour soi, ça fait rêver non ?) et cela permet aux couples de retrouver un peu d’intimité.

Mais pourquoi donc barrer un bateau équipé avec pilote automatique et groupe électrogène ? Première raison : barrer maintient l’homme de veille en alerte. Deuxio, celui-ci est concentré sur la conduite du bateau ce qui lui permet de garder un contact constant avec les réactions du cata par rapport à l’évolution des conditions de mer et de vent. Même dans l’alizé, les conditions de mer et de vent changent sans cesse. Il est important pour la sécurité du navire et de son équipage que ces informations soient actualisées en permanence par le barreur pour en informer le skipper ou pour agir si nécessaire (modification de la surface de voile, du cap, de l’organisation des quarts). Tertio, barrer longtemps et régulièrement donne à chaque équipier l’occasion d’améliorer ses compétences à la barre, ainsi le jour où il sera indispensable de barrer -défaillance du pilote auto ou conditions météorologiques trop difficiles pour le pilote
automatique, le skipper sait qu’il peut compter sur son équipage.
Enfin, notez que les conditions indispensables à la sécurité sont le gilet systèmatiquement porté par tous et la ligne de vie capelée !
Si vous êtes obligé de mettre en route le pilote automatique, capelez votre longe de gilet de sauvetage à la ligne de vie si ce n’est pas déjà fait. Je vous laisse imaginer les conséquences d’une chute à la mer de nuit en équipage réduit et l’émotion lors du constat de l’accident.

Surveiller en permanence la structure et l’étanchéité du navire.
Ronde de nuit : avant de prendre son quart, deux tâches vont permettre à l’équipier de bien ouvrir les yeux (voir note). Faire chauffer une boisson chaude pour le barreur et pour lui, puis faire une ronde de sécurité en soulevant les planchers, vérifiant l’étanchéité des passe-coques, des panneaux et des hublots. Quant au barreur quittant le quart, avant de retourner dans son sac de couchage, il fera sa ronde de sécurité sur le pont (mât, drisses, écoutes, bout-dehors et autres seront observés attentivement) et si possible restera disponible pour intervenir rapidement jusqu’au changement de quart suivant (en somnolant à proximité du barreur dans la nacelle ou dans le cockpit). Ces rondes de sécurité sont indispensables. Lors de ma première transat, pendant une ronde de sécurité, un équipier constate que les planchers vont bientôt flotter alors que nous n’avions heurté ni baleines (pauvres d’elles) ni conteneurs (pauvres de nous) : après une enquête approfondie, il fut découvert que la durite d’échappement humide d’un moteur s’était éventrée au niveau du col de cygne : nous naviguions au moteur par mer belle et nous étions en train de refaire le test d’insubmersibilité du bateau... sans le savoir !

Prévoir le changement d’heure à la montre du bord régulièrement.
Après quatre traversées de l’Atlantique, une correction de la montre du bord d’un quart d’heure tous les 3 ou 4 degrés de longitude parcourus permet de conserver un midi à bord en relation avec l’astre solaire ce qui facilite le rythme des quarts et évite de faire un quart de nuit en plein milieu de l’après midi !
L’Avitaillement

Réunissez votre équipage et faites une liste des recettes que chacun sait mener à bien. Préparez la liste des ingrédients nécessaires et la quantité par personne en fonction de la durée de la navigation et des possibilités de ravitaillement. Dressez en même temps un plan de menus, en commençant par les aliments les plus périssables et en finissant par les plus “durables”. Prévoyez des légumes et des fruits dont des agrumes pour la vitamine C et des laitages pour le calcium à chaque repas !

Pour faciliter l’amarrinage de votre équipage, évitez les plats trop gras, trop épicés, trop typés les premiers jours.

Une fois les courses faites, il s’agit de tout faire entrer dans le bateau. Avant de monter les provisions à bord, débarrassez-vous au maximum des emballages et des cartons ; ce sont des nids douillets pour les cafards ainsi que les “briques” de jus, de lait ou autres dont les “oreilles” sont des refuges pour nos indésirables compagnons de voyage...
Concevez un plan de rangement tenant compte de la fréquence des besoins, je range les ingrédients du petit-déjeuner et du goûter en un même lieu aisément accessible et du centrage impératif des poids : les pondéreux iront au fond des coques en position centrale, allégez les extrémités pour réduire le tangage. Ce plan sera affiché dans le carré ou à la table à cartes.

Et n'oubliez pas : l’organisme a besoin de 1 ml d’eau pour digérer  1 cal donc buvez au moins  1,5 l/jour.

 

Note sécurité :
La plupart des accidents et chutes à la mer arrivent lorsqu’un équipier est réveillé brusquement et monte sur le pont pour participer à une manœuvre d’urgence. C’est pourquoi il est nécessaire de réveiller l’équipier montant au moins un quart-d’heure avant sa prise de quart effective.

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