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Rencontre : Lionel Lemonchois, un surdoué très discret

20/11/2014

Rencontre : Lionel Lemonchois, un surdoué très discret

Lionel Lemonchois est un homme secret. Loin de la lumière et des caméras, il aime se faire rare. Pourtant, peu de skippers ont un palmarès aussi généreux. Aussi, à quelques semaines du départ de la Route du Rhum, l’occasion était trop belle de partir à la rencontre d’un marin d’exception. Rendez-vous est pris en quelques heures et en toute simplicité, à bord de son trimaran de 80’ Prince de Bretagne. Rencontre d’un homme et de son bateau.

Quand on vous donne un surnom, c’est qu’on vous aime. A moins qu’il n’ait un sens vraiment péjoratif. Mais quand on vous appelle "Le Bon Choix", le doute n’est pas permis ! On ne sait plus qui lui a donné ce surnom qui lui va si bien. Est-ce Catherine Chabaud ou Isa Autissier ? Les deux skippers ont en tout cas eu une intuition toute féminine en embauchant successivement ce Normand, taiseux comme un Breton. D’abord préparateur hors pair, il est apprécié pour sa polyvalence et son exigence. Le monocoque de 60’ de Catherine, parfaitement réalisé, enchaîne les tours du monde comme un métronome. Hasard et cadeau de la vie, il trône aujourd’hui à Lorient devant la base du trimaran de Lionel. Depuis la terrasse de son bureau où il partage le déjeuner avec son équipe, Lionel peut ainsi parcourir d’un coup d’œil le chemin parcouru. Un peu plus même. De ses débuts sur l’eau et sous l’eau sur le bateau de son père amateur de plongée. Puis l’incontournable apprentissage en dériveur (420), qui mène tout naturellement à la croisière puis aux premières régates.


Lionel n’est heureux que sur l’eau. Alors il prend tout. Du charter en Polynésie aux régates en maxi en Méditerranée. Toujours dispo, toujours pro, il trace sa route sans plan de carrière, juste par passion et avec beaucoup d’envie. Alors carrière il y aura. En solitaire, bien sûr, une discipline chère aux Français et qui correspond aussi bien à son caractère qu’à sa polyvalence technique. Elève assidu, il remet cent fois son ouvrage sur le métier malgré quelques fortunes de mer et autres démâtages à répétition – Mini-transat, Figaro –, le marin s’aguerrit, l’homme s’endurcit. Dans les plus grandes tailles, assez naturellement, de par sa connaissance des bateaux que l’on confie à ses mains expertes, de préparateur il devient équipier. Et comme les talents s’attirent, les résultats ne tardent pas à suivre. On ne sait plus si on embauche Lionel pour avoir de bons résultats, ou si on a de bons résultats parce qu’on a Lemonchois dans son équipe ! A la suite de Catherine et Isa, les plus grands skippers s’arrachent ses services. Ce n’est plus un palmarès, c’est le Who’s Who de la course au large française ! Avec Karine Fauconnier, il gagne la Transat AG2R. Avec Franck Cammas, Québec St-Malo. Avec Bruno Peyron, le Trophée Jules Verne. Avec Pascal Bidegorry, la Transat Jacques Vabre ! Avec Cam Lewis, il ne finit "que" troisième de The Race ! Le tout en six années seulement, de 2000 à 2005. Excusez du peu ! Le titre de Marin de l’Année décerné cette dernière année n’a sans doute jamais été aussi bien porté.

Pas vraiment une surprise donc que le Team Gitana lui confie la construction puis la responsabilité du trimaran Gitana X avec lequel il court la Route du Rhum 2002. Mais c’est avec Gitana XI qu’il écrit l’une des plus belles lignes de son palmarès : victoire étincelante dans la Route du Rhum 2006, dans le temps canon de 7 jours, 17 heures, 19 minutes et 6 secondes, à plus de 19 nœuds de moyenne ! Un record qui tient toujours, malgré la folie des grandeurs qui a saisi le petit monde du multicoque depuis que Franck Cammas a gagné la dernière édition à bord de Groupama 3, son trimaran de 31,50 m prévu à l’origine pour faire le tour du monde en équipage ! Si son record ne tient qu’à un fil devant la liste des inscrits à la prochaine édition, Lionel compte bien vendre chèrement sa peau. Pour cela, il a bâti un projet à son image : sobre mais efficace. Avec un partenaire qui lui ressemble, un groupement de coopératives agricoles aux valeurs qui lui correspondent bien. A leur demande, dans le cadre d’un budget limité, il leur propose le meilleur rapport /prix ! Il rachète l’ancien trimaran Sodebo de Thomas Coville, récupère les bras, si chers à fabriquer, le gréement et les voiles, construit deux flotteurs et une coque centrale qu’il porte à… 80 pieds ! Pourquoi ? Pour avoir un bateau léger (7,2 t), boosté, mais moins stressant.

L’allongement longitudinal offre un nouveau potentiel au bateau au portant. Le bateau est sûr, incroyablement sain. Trop peut-être, jusqu’à l’excès de confiance qui lui a, selon lui, coûté son chavirage hivernal au large du Brésil. Alors qu’il a fait preuve à cette occasion de toute la maîtrise et du sang-froid qui font sa réputation, on sent le traumatisme encore un peu présent, et la prudence est de mise. Il lui aura aussi coûté un mât, un jeu de voiles complet et toute l’électronique à refaire ! Mais on le sent concentré sur son objectif. Son équipe resserrée, soudée autour du même objectif : faire une Route du Rhum "propre". Mettre les Mod 70 derrière, et assurer au cas où les plus grands ne passeraient pas ! Dans cette phase de préparation, chaque détail compte. Alors, en connaisseur, il s’intéresse à tout, jusqu’à la réalisation du joint des bulles de plexiglass. La confiance n’exclut pas le contrôle ! Jamais il ne hausse la voix. Il ne se fait un peu plus directif que lorsqu’il pense que le bateau ou le matériel souffre inutilement. On pressent qu’il a hâte de se retrouver seul à bord, au large du cap Fréhel, quand les derniers bateaux accompagnateurs feront demi-tour, que les hélicoptères regagneront leur base. Il pourra rentrer dans son rythme, en communion avec sa machine. L’amour qu’il a pour ce bateau est évident. Il aime sa navigation aérienne, les excès de vitesse qu’elle permet. Son expérience, sa condition physique, les protocoles mis en place lui donnent toute confiance. Le stress et l’adrénaline que la navigation en solitaire sur de telles fusées procure sont à la fois une drogue et un guide. Un rappel au fond de soi qu’il faut être tout le temps à 100 %. Aussi bien pour la performance que pour la sécurité.

Rendez-vous à St-Malo le 2 novembre, et le plus vite possible en Guadeloupe, pour qu'il nous raconte, avec ses peu de mots, mais riches de tant d’efficacité, cette nouvelle traversée. A n’en pas douter, une très jolie ligne de plus dans le palmarès d’un des tout meilleurs marins français des temps modernes.


Bon vent, Lionel !

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