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Jimmy Cornell : 1000 vies, puis… le multi !

22/03/2016

Jimmy Cornell : 1000 vies, puis… le multi !

Navigateur, explorateur, organisateur de rallyes, conférencier, écrivain, ses activités dans le monde de la voile semblent illimitées. Pour nombre de circumnavigateurs, Jimmy Cornell est une véritable légende vivante. Au salon d’Annapolis 2014, où était exposé son bateau actuel, nous avons vu une femme pleurer de le rencontrer après avoir lu tous ses livres. Son idole, qui depuis quarante ans parcourt le monde sur une seule coque, lance pourtant une transat réservée aux… multicoques ! Multicoques Mag ne pouvait pas passer à côté de cet évènement et de cet homme. Sa vie est un véritable roman. Un roman d’aventure moderne, idéal scénario de film qui pourrait ressembler à cela.

Bande-annonce : Il parcourt les allées du salon nautique d’un pas décidé. Le vent a peut-être fini par avoir raison de la courbure de son dos, mais pas du dynamisme de la démarche. Ni de ses longs cheveux épais, que seul le sel a réussi à envahir un petit peu, mais dont pas un ne manque. Dans le sac besace accroché à son épaule, il y a l’outil de travail qui ne le quitte pas : un ordinateur dernier cri. Jimmy a 75 ans, ne le cache pas, mais il maîtrise sur le bout des doigts les outils de communication modernes. Il n’oublie pas de déposer sur votre stand, avec tact, affiches et flyers. Ses mains immenses se posent sur votre bras, la voix se fait douce, complice, vous êtes dans la confidence. C’est son prochain rallye, Barbados 50, organisé pour fêter les 50 ans de l’indépendance de la Barbade. Mais dans ses yeux brille déjà un autre projet, il vous le confie comme un secret : le premier rallye réservé aux multicoques de série. Mais ça, nous ne le saurons qu’à la fin. Au jeu d’échecs, Jimmy Cornell doit être redoutable. Il a toujours un coup d’avance.


Générique : Dans le rôle principal, Sir Jimmy Cornell. Certes, nous anticipons un peu sur le titre, mais la reine Elizabeth ne peut qu’anoblir, un jour, ce sujet dont les quatre tours du monde redessinent les contours de notre planète, en partant de Londres en 1975, pour revenir à Londres en… 2015 ! Un homme, qui plus est, à la distinction toute britannique, jusque dans la penderie de sa cabine, qui contient toujours au moins un blazer et une cravate pour honorer ainsi yacht clubs et administrations des pays visités. Jamais ne lui viendrait l’idée d’entamer une démarche d’entrée dans un pays en short.

Flashback : Il ne renie surtout pas ses origines, lui, l’enfant de Savarsin en Transylvanie, à l’ouest de la Roumanie. Il devra pourtant en fuir le régime totalitaire qui a arrêté son père, pour rejoindre, en Angleterre, celle qu’il vient d’épouser : Gwenda, premier rôle féminin et équipière inoxydable de toute une vie. Sur l’écran défilent ensuite les six langues parlées par ce polyglotte émérite : roumain, hongrois, allemand, français, espagnol et bien sûr… anglais. Bluffant ! Mais devant vos yeux écarquillés, il esquive, plein d’humour et d’autodérision : "Je comprends toujours ce que je dis !" Assistant d’Orson Welles, il a le goût de la mise en scène, du spectacle, et est reconnu pour trouver solution à tout. De son passage à la BBC, il a gardé en mémoire la règle d’or qui transpire dans les rallyes qu’il organise : informer, éduquer et divertir !


Travelling avant : En 1986, Jimmy Cornell a déjà réalisé un tour du monde, en 6 ans, à bord du premier Aventura. Un nom devenu mythique, le cinquième de la saga étant toujours en balade. L’équipage familial est constitué de Jimmy, Gwenda et leurs deux enfants, Doina et Ivan. C’est alors qu’il décide d’ouvrir au plus grand nombre possible le bonheur d’être en mer en famille en créant un évènement devenu célèbre : l’Atlantic Rallye for Cruisers, plus connu depuis sous l’acronyme ARC. L’idée originelle est de traverser ensemble pour tous les avantages que cela procure, le tout sous le couvercle ludique d’une "compétition amicale", sans pression commerciale, sans compromis. Le succès le dépassera un peu et il revendra l’ARC pour revenir à des rassemblements plus simples, plus proche de ses valeurs. La réussite n’est pas dans le nombre, mais dans la qualité des participants et de ce qu’ils vivent. Aussi modestement que poétiquement, il dit qu’il ne fait que "créer un cadre, les participants eux, font la peinture". Résolument optimiste, il est persuadé que l’humanité est composée à 99 % de bonnes personnes, à qui il suffit de donner la possibilité d’exprimer leur générosité, leur altruisme. Dans ses livres, sur la scène de ses conférences, et jusque sur les pontons du départ, Jimmy se révèle un orateur hors pair. Convaincant et déterminé, il est persuadé de pouvoir imposer son idéalisme dans ses projets. Observateur attentif de notre planète et véritable puits de science sur tout ce qui touche à la nature, sa fibre écologique n’a pas attendu l’emballement médiatico-politique sur le réchauffement climatique. D’une formule parfaitement ciselée, il résume le pourquoi de son dernier voyage en date, le passage du Nord-Ouest : "Sentinelle du climat mondial".


Cœur de l’intrigue : Mais alors qu’on le verrait bien incarner un certain leadership en matière de conscience écologiste, il revient à ses premières amours en lançant, à l’automne 2016, un rallye réservé aux multicoques. Aux multicoques ? Oui, vous avez bien lu. Jimmy se souvient. Avant de se lancer dans son premier tour du monde sur un monocoque, il avait envisagé l’achat d’un catamaran. A l’époque, les best-sellers étaient britanniques. Ils s’appelaient Iroquois ou Snowgoose. C’est ce dernier qui avait retenu son attention, mais l’incompatibilité de budget avait mis fin au rêve. Pourtant, si c’était à refaire aujourd’hui, et pour un tour du monde entre 30 Nord et 30 Sud, il n’hésiterait pas, ce serait en catamaran. Idéal quand on vit à bord cet espace, cette stabilité horizontale et cette vision à 360°. Il pense surtout et d’abord à Gwenda et aux enfants. Plus récemment, en bon analyste de tout ce qui touche à l’eau salée, il n’a pas manqué de remarquer la dynamique multicoque. Ces 18 derniers mois, il a organisé pas moins de 6 transats, et observé qu’elles étaient disputées à 25 % par des catamarans. Lors de la dernière en date, les trois premiers arrivés en Martinique étaient belge, australien et néo-zélandais… un cadeau du ciel pour ce citoyen du monde qui voit avec bonheur arriver ces fans de multicoques, souvent plus jeunes et plus régatiers que la moyenne, parents d’enfants qui mettent une ambiance incomparable aux escales.


Dénouement : Alors il s’y voit déjà, Jimmy, à l’arrivée de sa multi-transat, sur les pontons d’une île caribéenne dont il tient le nom encore jalousement secret. Deux parcours de ralliement (ndt : feeder rallyes) auront auparavant amené les participants, depuis la Méditerranée et l’Atlantique, vers Lanzarote. Tout est clair dans sa tête d’organisateur expérimenté. L’escale canarienne n’a pas été choisie au hasard. L’espace permettra d’accueillir 20 multicoques sans problème, et le très grand travel lift parera à toute éventualité technique. Les dates restent à affiner par ce passionné de météo toujours attentifs aux autres, mais au-delà de ces aspects pratiques, ce qui tient à cœur à Jimmy, c’est de revenir aux fondamentaux. Ce qui a fait le succès du rallye de l’Arc, ce qui a convaincu depuis tant d’années des milliers de plaisanciers de suivre le "pape" de la grande croisière : sécurité, formalités et surtout contacts sociaux. Entre amateurs. Pas de professionnels ici, ni de prototypes, seulement des bateaux de monsieur Tout-le-monde. A l’heure de Facebook, Jimmy s’amuse de proposer de vraies histoires de "camaraderie". Au final, le voilà responsable indirect et involontaire de nombreux mariages en trente années d’organisation de rallyes…nautiques !

Générique de fin : Sur la flotte de l’Atlantic Odyssey 2015, il y a 40 bateaux, 19 nationalités et 34 enfants. La plupart naviguent en catamaran. Et leur grand-père d’adoption, c’est Jimmy ! Peut-être que l’an prochain, à la suite de la multi-transat, il les emmènera jusque dans le Pacifique ? Participera-t-il lui-même ? Pas sûr. Il a promis à Gwenda de prendre sa retraite à 60 ans. Plus que quinze ans si on compte à l’envers ! Mais alors, on rajeunit un peu chaque jour !

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