Multicoques Magazine, l'essentiel du catamaran et du trimaran
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Préparer son bateau pour le grand voyage

10/04/2009

Préparer son bateau pour le grand voyage

C'est bien beau d'avoir choisi son catamaran, mais avant de partir il va encore falloir l'équiper. Voici un petit guide des équipements indispensables, ceux qu'il est intéressant d'avoir, et ceux qui peuvent paraître superflus…

Nous avons décidé de prendre le problème tel qu’il se pose à celui qui veut naviguer vite, bien entendu, mais surtout sans souci. Nous partons du principe que votre catamaran, d’environ 45-50 pieds, dont vous venez de prendre livraison, est équipé des instruments de base, à savoir, un sondeur, un loch-speedomètre, et une VHF. Côté confort, vous avez un petit frigo, l’eau chaude. C’est à peu près tout. Nous avons délibérément laissé de côté les lave linge, lave vaisselle, et autres climatiseur, car même s’ils se généralisent, ils ne sont pas complètement indispensables à une croisière réussie. Nous avons la prétention de ne parler ici que de l’essentiel. Vous partez pour une année sabbatique autour de l’Atlantique. De quoi avez-vous réellement besoin ? Il ne faut pas oublier que le secret du voyage réussi passe par la simplicité de l’équipement. Moins il y en a à bord, et moins les équipements ont de chance de tomber en panne (cqfd…). Rien n’est plus désagréable que d’attendre trois semaines au mouillage, devant une grande ville, bruyante (parce que c’est toujours dans une grande ville qu’on trouve un concessionnaire, ou le spécialiste rarissime, ou l’aéroport), l’arrivée de la pièce de rechange indispensable ; ou la prise en garantie de telle ou telle panne, alors que les plus beaux mouillages de la terre vous tendent les bras...

Le pilote automatique
En grande croisière, le plus important, c’est le pilote automatique. Sans lui, vous ne faites rien, et vous êtes rivés à la barre, durant d’interminables heures, transformant la croisière en véritable bagne… Désormais, un bon pilote, bien adapté et bien réglé, peut très bien vous emmener autour du monde sans la moindre panne. Sur un multicoque, on utilise principalement des pilotes in-board, dont les vérins, qu’ils soient hydrauliques, ou mécaniques, sont fixés directement sur les secteurs de barre. Pour une longue croisière en équipage réduit, on peut faire le choix de monter deux pilotes, un petit et un gros. Le plus petit modèle sera principalement utilisé dans les conditions médium, ou au moteur. Hormis le fait de consommer moins d’énergie, il permettra d’économiser le gros modèle, le pilote principal.

Le GPS
Qui aujourd'hui peut prétendre vouloir naviguer "à l'ancienne"… Le GPS est vraiment indispensable : un instrument à la fois de confort mais aussi (et surtout) de sécurité. Le choix est vaste, du "bas de gamme" capable de vous donner une position précise à chaque fois que vous l'interrogez, aux hauts de gammes couplés à une cartographie électronique…

L'ordinateur
Et oui, le micro ordinateur est aujourd'hui un instrument incontournable à bord de nos bateaux. Cartographie électronique, traitement des photos numériques, envoie et réception d'email (voir plus loin l'article sur les communications), réception des fichiers météo, servir de support au journal de bord, l'ordinateur fait tout, sans compter les séances de cinéma et le stockage de la musique… Indispensable !  

La cartographie électronique.
La cartographie électronique a tendance à se généraliser. Il y a à cela plusieurs raisons : il y a bien entendu le confort d’utilisation, mais aussi le poids. Sur un programme de tour du monde par les tropiques, on peut évaluer à environ 300 (un minimum !) le nombre de cartes à embarquer. Avec un logiciel de navigation, vous disposez d’une cartographie mondiale sur seulement un DVD. La carte apparaît sur l’écran, de même que la position du bateau, avec sa route, sa vitesse, les way-points, l’HPA (Heure Prévue d’Arrivée), la hauteur d’eau en fonction de la marée, toutes ces informations qui rendent la navigation plus aisée. La précision apportée par le GPS est telle que la position du bateau apparaît le long du catway sur lequel vous êtes amarrés ! Bien entendu, son utilisation est surtout pratique en navigation côtière, elle facilite grandement le rase cailloux. Au large, pour la traversée de l’Atlantique ou du Pacifique, un point quotidien, lors de la méridienne, reste suffisant.

Une bonne annexe, propulsée par un bon moteur.
En grande croisière, le dinghy, c’est véritablement le mouton à cinq pattes. On lui demande tout. Dès qu’il est question d’aller mettre le pied à terre, c’est en annexe. Dans de nombreuses régions reculées du globe, quand il faut compléter l’avitaillement, c’est avec l’annexe que vous le ramenez à bord. Si vous n’avez pas de dessalinisateur, quand vous devez refaire les pleins d’eau, à l’aide de jerricans, c’est encore avec l’annexe. Elle vous permet de partir en campagne de plongée sous-marine, et d’aller déposer une ancre, à quelques dizaines de mètres, pour parfaire votre mouillage. Côté matériau, pas d’hésitation : optez pour l’hypalon-néoprène, même si le prix est plus élevé, cela vous évitera de la voir se décoller après seulement quelques mois de soleil tropical. On demande beaucoup à l’annexe, toutes les qualités, et plus encore. A bord d’un catamaran, elle trouvera facilement sa place à l’arrière, sous les bossoirs, entre les coques. Cette configuration offre la possibilité d’utiliser une annexe semi-rigide, qui favorise le débarquement et l’accès à certains points délicats, comme peuvent l’être des plages de corail, dans les atolls du Pacifique ou d’ailleurs.

Un excellent mouillage
Que celui qui n'a jamais vu son ancre déraper, nous lance la première pierre… Avoir un bon mouillage à bord d'un catamaran de grande croisière est indispensable. Le guindeau doit être d'une puissance suffisante et le chemin de chaîne optimisé. Pour le mouillage principal, 100 mètres de bout et 40 mètres de chaîne sont un bon début… Pour le mouillage secondaire, on se contentera de 60 mètres de bout et de 40 mètres de chaîne. Enfin, le mouillage mobil sera constitué d'une ancre en aluminium, de 5 mètres de chaîne et d'une ligne plombée en sac de toile… De quoi voir venir !
En ce qui concerne l'ancre, il y a les "classiques" ancres plates et les nouvelles générations"soc de charrue". Ces dernières offrent en général une meilleure pénétration dans le sable, et donc une meilleure tenue. Elles ont en plus l'avantage d'être plus polyvalentes.
Enfin, le guindeau, la chaîne et l'ancre pèse très lourd : bien choisir l'endroit ou stocker ceci à une incidence importante sur la marche du navire…

Le dessalinisateur.
Le dessalinisateur a ses adeptes et ses détracteurs : engin extraordinaire permettant d'alléger d'un coup votre beau cata d'une demie tonne, il est pour d'autre une machine à transformer le pétrole (le gasoil) en eau douce…
Avec un minimum vital de 4 litres d'eau par personne et par jour, la gestion de l'eau douce en grande croisière revêt une importance capitale. Mais au même titre qu’il ne faut jamais commencer une traversée sans la moindre carte papier, il y a une part d’inconscience à envisager une transat sans la moindre réserve d’eau… Alors dessal ou pas ? En fait tout dépend de votre programme, de la taille de votre bateau et de vos moyens de produire l'énergie. Sur un grand catamaran (plus de 50 pieds) déjà équipé d'un groupe, le dessalinisateur offre un confort à bord inégalé. Pour un 40 pieds, dont le programme se limite aux Antilles, où il est facile de faire le plein d'eau, le dessalinisateur n'est franchement pas indispensable. A chacun de voir en fonction de sa manière de naviguer !

Le radar
Le coût des radars a beaucoup chuté, et il faut reconnaître qu’ils sont désormais proposés à des prix attractifs (de l’ordre de 1.500 euros). Et leur prix a diminué tout comme leur consommation en énergie. Un radar consomme beaucoup d’électricité en émission, moitié moins en veille. Son antenne n’a pas besoin d’être monté dans le mât. Suivant le modèle, un positionnement à seulement quelques mètres peut être suffisant. La position idéale sera donc sur un mâtereau, à l’arrière de l’une ou de l’autre des coques. Mais attention aux radiations émises ! Là encore, l'utilité d'un radar dans le cadre d'une année sabbatique aux Antilles n'est pas totalement démontré. En revanche
En revanche, pour les traversées en équipage réduit, le détecteur de radar est lui un outil vraiment pratique, car il permet de limiter la veille. Le principe est simple : permettant la détection et la localisation de navires munis de radars en fonction, le Mer-Veille constitue un véritable élément de sécurité pour éviter des collisions en mer. Son fonctionnement est simple : dès que l’antenne capte un signal radar, le Mer-Veille déclenche une alarme sonore et allume un ou plusieurs voyants indiquant la direction du radar.
Simple et efficace…

Le congélateur
Là encore, il y a les "pour" et les "contre". Mais force est de constater que les congélateurs ont fait d'énormes progrès en terme de consommation électrique. Et que d'avoir un stock de denrée alimentaire disponible et toujours appréciable (sans compter les glaçons pour l'apéro…). Comme pour le dessalinisateur, tout dépendra donc de votre bateau, de sa capacité de charge, de vos moyens de produire de l'énergie et bien sûr de votre programme… Sur un grand catamaran en route pour un tour du monde est déjà équipé d'un groupe, le congélateur sera vraiment le bienvenu. Pour une année sabbatique dans les îles de la Caraïbes, où l'avitaillement est facile, on pourra se passer d'une machine supplémentaire à entretenir et, éventuellement, à réparer…

Un peu d'énergie…
C'est bien beau tout cet équipement, mais il va falloir l'alimenter en énergie… En général, un catamaran de série sera livré avec une batterie de démarrage par moteur, et une ou deux batteries pour les équipements. Leur recharge est assurée par un alternateur, monté sur les moteurs. A moins de faire tourner ces moteurs plusieurs heures par jour, leur recharge risque d’être foncièrement insuffisante. Aussi va-t-il falloir leur adjoindre d’autres sources de recharge. Avant, il faut calculer vos besoins.
Prenons un exemple concret : Entre le réfrigérateur, les lumières du bord, l'ordinateur, le pilote automatique, le dessalinisateur et tous les autres appareils ayant besoins d'énergie, on va arriver à une consommation  d'environ 200 Ah par jour. Si vous n'avez que deux batteries, elles devront être de 105 Ah chacune… Si les moteurs, équipés chacun d’un alternateur de 60 A, sont votre unique source d’énergie, ils vont devoir tourner chacun environ deux heures par jour ; ou quatre heures dans le cas d’un seul moteur. Une situation pas toujours agréable… Heureusement, il existe d'autres moyens de produire de l'énergie que vos deux moteurs diesel.
Le plus simple consiste à remplacer les alternateurs d’origine par des plus gros. Quand cette solution (gourmande tout de même en gazole) n’est plus suffisante, viennent les énergies douces. Puisque nous voyageons poussés par le vent, souvent sous le soleil, il est tout à fait naturel de produire son énergie d’une façon douce (lors de son tour du monde à bord de Idec, Francis Joyon a ainsi produit toute son énergie en ‘doux’ !). Dans le cas qui nous intéresse, il s'agit principalement des panneaux solaires. Il y a bien aussi les éoliennes, mais celles-ci sont bruyantes, et n'offrent qu'un faible rendement au mouillage, par définition, sensé être bien abrité du vent.

Les panneaux solaires.
Les panneaux solaires donneront de meilleures performances s’ils sont montés sur un support orientable, qui permettra de les positionner selon un angle proche de 90° par rapport aux rayons du soleil. Leur efficacité sera optimum sous le soleil des tropiques. On peut aussi les placer sur un bimini rigide ; cet endroit présente l’avantage de dégager l’arrière, mais il devient alors quasiment impossible de les rendre mobiles. Mais ne rêvez pas, même sous le soleil des Antilles, un panneau solaire ne chargera pas plus de 12 heures par jour et à moins d'en tapisser tout votre pont, ils ne suffiront pas à votre consommation quotidienne…

Les groupes électrogènes portatifs.
Attention, ils ne sont en général pas homologués pour la plaisance, sont bruyants, fonctionnent à l'essence et nécessitent des conditions de mer calme. Ils sont surtout un moyen de produire de l'énergie en secours, pour recharger rapidement les batteries, par exemple.

Les groupes électrogènes fixes.
Si vous avez choisi l'option d'un catamaran "super-équipé" (dessalinisateur - congélateur - machines à laver - climatisation - compresseur de plongée - etc) un groupe électrogène fixe sera nécessaire à votre bord. Ces groupes offrent une belle réserve d'énergie, mais leurs prix varie en fonction de la puissance. Un investissement variant autour des 13 000 euros, mais qui vous offrira une autonomie complète…

Les catamarans à motorisation hybride
C'est la grande nouveauté : tous les chantiers travaillent sur ce type de motorisation. Pour simplifier, un (ou deux) groupe électrogène produit de l'énergie, qui alimente deux moteurs électriques qui font avancer le cata… Mais ce groupe vous offre aussi toute l'énergie dont vous pouvez avoir besoin à bord ! Un système en plein développement.
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