Multicoques Magazine, l'essentiel du catamaran et du trimaran
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La sécurité et la formation pour la grande croisière en catamaran

La sécurité et la formation pour la grande croisière en catamaran

Qu'y a-t-il de plus beau que de partir en voyage en famille sur un catamaran, avec à son bord tous ceux que l'on aime. Mais avant d'embarquer tous ces êtres chers pour traverser les océans, êtes-vous certain d'en avoir la capacité ? Comment s'y préparer ? Quelles formations suivre ? Petit tour d'horizon avant le grand départ en catamaran…

Formez-vous aux premiers secours pour bien réagir, notamment en cas de :

- Etouffement causé par une fausse route ou une obstruction des voies aériennes, - Respiration difficile ou absente, - Saignement abondant, - Perte de conscience avec respiration,  - Malaise cardiaque. Et pour aller un peu plus loin si vous envisagez un voyage au long cours, faites une formation médicale ISAF (obligatoire pour les coureurs transocéaniques). Enfin, pour les candidats au voyage dans des zones où il n’y a guère de personnes formées à ces gestes, vos connaissances même basiques peuvent aider les populations que vous rencontrerez. A voir, à lire, à consulter... - Pour en savoir plus, voici quelques liens utiles : Ecoles de voiles en catamaran : ACM : www.acm-cata.com – ASA : www.asa.com (American Sailing Association, qui recommande une trentaine d'écoles en cata de croisière) – Barefoot Offshore Sailing School : www.barefootoffshore.com – Blue Water Sailing School : www.bwss.com – Coaching plaisance : www.coaching-plaisance.com – Oceans Evasion : www.oceans-evasion.com – Offshore Sailing School : www.offshoresailing.com – Yachtig : www.voilebretagne.com Loueurs proposant des stages de formation : Emeraude : www.emeraudemulticoques.com – Corse Catamarans : www.corsecatamarans.com/formation – Escales Grenadines : www.escales-grenadines.com – Istion : www.istion.com – Blue Reach Catmarans Charters : www.bluereachcharters.eu Pour le médical : Institut Européen de Formations de Santé : http://medidistance.com/18.html L'université GW offre des services de télémédecine : www.gwemed.edu Pour les stages de premiers secours et de mise en situation en situation d'isolement : www.redcross.org – www.whitewaterrescue.com Pour votre pharmacie de bord : www.oceanmedix.com A SAVOIR L'incendie C'est ce qui peut arriver de pire (avec l'homme à la mer) sur un bateau. Car nos bateaux modernes brûlent en quelques minutes seulement... Le feu se déclenche le plus souvent par la suite d’une erreur d’attention, comme un torchon qui tombe sur le réchaud, de l’huile qui s’enflamme, etc. Il importe donc de positionner des extincteurs de façon à pouvoir y accéder immédiatement, et ce, quelle que soit l’origine du feu : cuisine, bien sûr, mais aussi barbecue extérieur, moteurs, cabine. Ensuite, il faut apprendre à s’en servir. Attention, le produit présent dans les extincteurs est compté, et ne vous attardez pas trop. Ça ne durera que quelques secondes. Pensez à bien viser la base du feu, en vous maintenant, dans la mesure du possible, dos au vent. Faut-il le préciser : un extincteur doit être révisé régulièrement... Homme à la mer Le pire qu'il puisse arriver à bord avec l'incendie. Si quelqu'un tombe à l'eau, il doit hurler pour avertir les autres. Dans tous les cas, il est indispensable de ne pas le perdre de vue le temps de revenir à ses côtés. Pour le hisser à bord, et s'il ne porte pas de harnais, une boucle va être nouée à l’extrémité d’une drisse (ce sera souvent la drisse de spi) de façon à la lui passer autour de la taille. L’équipier sera ensuite hissé, au winch, à bord du bateau. Il est plus qu'utile d'avoir répété la manœuvre avec votre équipage... Fusées Il existe plusieurs types de fusées pyrotechniques de signalisation. Selon les retours de certains de nos lecteurs, les marques ne sont pas équivalentes. Préférez des grandes marques, même si elles sont un peu plus onéreuses. En théorie, on commencera par tirer les vieilles fusées encore présentes à bord. Attention cependant : les mêmes retours de lecteurs semblent montrer que les fusées périmées fonctionnent moins bien voire qu’elles peuvent être dangereuses. A vous de décider si vous préférez conserver à bord des stocks de fusées périmées. Evacuation Il ne faut embarquer dans un radeau de survie qu’en toute dernière extrémité. En cas de voie d’eau, retourné, même inondé, un multicoque restera plus confortable que votre radeau de survie. Cependant, en cas de doute, vous pouvez gonfler le radeau, bien amarré au bateau, et vous tenir prêts à embarquer. Un multicoque est en théorie insubmersible, et est censé rester à flot quoi qu'il arrive. Cela ne dispense pas d'avoir à bord une survie contrôlée et en bon état !
Etre ou ne pas être... capable !
Avant de prendre la décision de partir en croisière en catamaran, et souvent même jusqu'à la fin de leur périple, la plupart des chefs de bord emmenant leur famille au bout du monde se demandent s'ils en ont les capacités et s'ils ne prennent pas de risques inconsidérés. Et soyons clairs, ceux qui ne se posent pas la question de la sécurité en grand voyage n'ont pas grand-chose à faire sur les mers...
Le risque est inhérent au voyage. C'est un fait. Maintenant, l'expérience des lecteurs du magazine montre que les accidents dramatiques sont extrêmement rares et quasiment toujours le fait d'une succession d'évènements imprévisibles et de mauvaises réactions de la part de l'équipage. D'où l'importance de partir avec un catamaran bien préparé et un équipage rodé.

Se former et former son équipage au catamaran

La bonne nouvelle, c'est que nous ne comptons plus, au magazine, les familles qui n'avaient jamais navigué en catamaran et qui sont parties (et revenues) d'un tour de l'Atlantique, de Méditerranée ou des Antilles sans aucun problème et ont pleinement profité de ce voyage en catamaran. Nul besoin d'avoir commencé à naviguer jeune et d'avoir usé ses cirés sur les bancs des Optimist et autres Hobie 16 ou d'avoir accroché à son palmarès les plus prestigieuses des courses au large pour pouvoir s'imaginer emmener sa famille de l'autre côté de l'océan. L'important, même en partant d'un niveau zéro, est de suivre une formation adéquate et de former aussi son équipage. Car si, à bord, il n'y a qu'une personne qui soit capable de manœuvrer, le moindre pépin peut avoir des conséquences graves.
C'est pourquoi la plupart des écoles de croisière insistent sur la formation de l'équipage dans son ensemble, enfants compris. Ainsi, chacun est apte à réagir dans les différentes situations critiques qui peuvent arriver, comme un début d'incendie, un homme à la mer, ou tout simplement pour laisser le skipper se reposer après une nuit difficile s'il ne s'agit que de prendre un ris ou de mouiller en arrivant dans la baie rêvée... L'idée est ici de permettre à chacun d'être autonome et au minimum de récupérer un homme à la mer, d'affaler et de hisser les voiles, de prendre un mouillage, de tracer sa route et bien sûr d'appeler à l'aide. Et il n'y a pas d'autre alternative pour maîtriser son sujet que de pratiquer ! Il faut donc impérativement, avant d'embarquer sa famille pour un voyage de plusieurs mois, naviguer et faire naviguer tout le monde très régulièrement. Le top étant d'acheter un petit catamaran – un catamaran de sport fera parfaitement l'affaire –, qui vous servira de base d'entraînement et de mise en pratique des apprentissages reçus en stage. Voilà de quoi occuper vos week-ends et vos vacances dans l'année précédant votre départ ! Naviguer sur un catamaran de sport est particulièrement utile, car c'est là que vous allez apprendre le plus et le mieux à utiliser et à comprendre votre prochaine monture. Comment gérer les dérives, si votre futur catamaran en est équipé ? Et vaut-il mieux s'équiper d'un spi ou d'un gennaker ? Toute la littérature du monde ne remplacera jamais votre expérience à bord d'un catamaran pour faire des choix en connaissance de cause. Et pour avoir de l'expérience, il faut donc naviguer.
Il existe alors plusieurs possibilités pour se former à la nav sur un multicoque de croisière. Tout d'abord, on peut utiliser les services de véritables écoles de croisière, qui sont équipées de catamarans. Idéalement, il faut en choisir une qui vous fera naviguer sur un bateau similaire à celui de vos rêves. Cela vous permettra de valider votre choix, et de prendre vos marques plus facilement. Il y a ensuite plusieurs options possibles, du week-end de formation à la semaine complète, avec plusieurs autres stagiaires ou en privatisant le bateau et même pourquoi pas pour une transat… Le but est, en fonction de votre niveau de départ, de vous emmener au statut envié et merveilleux de "chef de bord", et donc à l'autonomie… Sachez que la majorité des écoles de voile divisent leurs stages en trois niveaux, de l'initiation à la navigation hauturière.
Autre solution : vous avez déjà acheté votre catamaran et maintenant il va vous falloir le prendre en main. Quel que soit son niveau de pratique, partir avec un catamaran que l'on ne connaît pas n'est pas une sinécure. Il est alors vraiment conseillé de faire appel à un skipper professionnel, qui pourra vous permettre de bien prendre la mesure de votre nouvelle monture et qui vous accompagnera le temps nécessaire pour que vous soyez tout à fait à l'aise avec votre bateau et son équipement. D'expérience, les équipages partant avec un skipper d'Europe l'abandonnent en général aux Canaries, certains d'être devenus autonomes et maîtrisant bien leur sujet.
Enfin, il y a le cas le plus fréquent de personnes ayant déjà pas mal navigué sur des monocoques, mais qui veulent se rassurer et valider leur choix de passer au catamaran. Dans ce cas, le plus simple est d'en passer par la location avec skipper, en demandant expressément au loueur un skipper pédagogue à même de vous apprendre ce dont vous avez besoin.
C'est simple, efficace, et cela vous permettra de joindre l'utile (apprendre) à l'agréable (les vacances). Que demander de plus ?

Préparer sa sécurité à bord du catamaran

Le risque zéro n'existe pas, c'est un fait. Il faudrait donc être un inconscient total et donc un bien piètre chef de bord pour de ne pas imaginer des situations critiques à votre bord.
Là encore, la seule solution pour acquérir les bons réflexes consiste à se mettre en situation. Donc, là encore, il est indispensable de suivre certains stages particulièrement enrichissants. Afin d'évaluer et de bien comprendre les risques, en croisière, il existe de nombreux stages, organisés soit par les sauveteurs, soit par des associations de plaisanciers et même des distributeurs de matériels de sécurité (les stages de survie ISAF organisés par le MCV ou le CEPIM sont intéressants). Il vous sera rappelé les manœuvres de gros temps, le fonctionnement des services de recherche et de sauvetage, la prévention des chutes à la mer, mais aussi comment percuter un radeau de survie ou tirer une fusée de détresse. Toujours bon à prendre, parce que, si par malheur vous aviez à le faire, vous n'auriez sûrement pas le temps de lire le mode d'emploi...
Concernant la sécurité, une démarche originale consiste à jouer ou plutôt à pré-jouer ce qui peut arriver de pire en navigation. Toutes les questions sont bonnes à poser, il ne doit pas y avoir de superstition ni de tabou à propos de la sécurité. Les craintes de chacun peuvent alors être analysées dans le calme et la chaleur du carré, et les réponses apportées, au-delà de rassurer l'équipage, seront les outils qui, si cela s'avère nécessaire, permettront sûrement d'éviter le pire.
Enfin, rassurez-vous, en choisissant le catamaran, vous avez fait le bon choix. Une étude de l'US Navy a démontré qu'au delà de 15° d'angle de gîte, l'équipage perd une partie de ses capacités de manière exponentielle au degré de gîte. Le cata est donc plutôt favorable au maintien d'un bon niveau de réactivité, donc de sécurité. CQFD !
Votre sécurité en mer repose sur un trépied : le catamaran, l'équipage, la mer. La dégradation de l'un de ces éléments doit entraîner une remise en question de la navigation en cours. Il est donc important de savoir entretenir votre catamaran, d'avoir une saine gestion de l'équipage, de ses compétences, de sa santé, et enfin d'anticiper sur l'évolution de votre environnement – météo, courants, bathymétrie, côtes…

Les formations catamaran indispensables
Dans une logique de grande croisière, il est impensable d'imaginer prendre la mer sans avoir une bonne connaissance du fameux trépied sur lequel repose votre sécurité. Il faut donc pouvoir "entretenir et réparer" votre catamaran comme votre équipage et comprendre votre environnement.
Certains constructeurs de moteurs, certaines associations de plaisanciers proposent des formations mécaniques à l'entretien des moteurs. C'est un stage bien utile à faire avant de partir pour éviter de se retrouver bloqué dans un lagon du bout du monde avec une panne toute bête… que vous ne savez pas réparer. Lors de ces stages, on vous conseillera aussi utilement sur les pièces détachées à avoir à bord, qui vous éviteront d'attendre trois semaines une pièce d'usage dans un port désagréable du bout du monde. Au-delà de la sécurité, savoir entretenir et/ou réparer les éléments de confort devenus indispensables à bord de nos bateaux de croisière – dessalinisateur, éléments de plomberie ou d'électricité, groupe froid, etc. – permettra de rester plus longtemps au mouillage en profitant de la vie, plutôt que de chercher désespérément le réparateur agréé au fin fond du Pacifique.
En grande croisière, un petit bobo peut dégénérer facilement si les bonnes actions ne sont pas entreprises immédiatement. Un stage médical est donc tout à fait conseillé et sera surtout rassurant pour tout le monde. Indispensable !
Enfin, le dernier point indispensable à la stabilité effective de votre projet est votre environnement. La météorologie est un art subtil qu'il convient de bien maîtriser en grande croisière. Il faut pouvoir comprendre les fichiers météo reçus à bord, mais aussi les interpréter, tout comme il faut ensuite savoir les analyser en fonction de vos propres observations.
La mer restant un milieu hostile par nature imprévisible, prévoyez des systèmes redondants, car, à part sur nos côtes occidentales, il sera rare qu'il suffise de lancer un Mayday sur le canal 16 pour se tirer d'une situation critique. La redondance va donc commencer par vos propres compétences ! Maîtrisez toutes les ficelles de votre récepteur GPS, mais restez toujours conscient de ses limites. Cela implique de savoir assurer un pilotage côtier par alignements avec le compas de relèvement, un fil et une carte, mais aussi d'être capable de faire une bonne lecture du paysage maritime, de conserver une estime et de faire un point astronomique en traversée océanique. Donc de suivre une formation ad hoc, car ne faire confiance qu'à un ordinateur, aussi récent soit-il, n'est pas possible en grande croisière…
A ce propos, aujourd'hui, tout le monde navigue grâce au numérique. Il est indispensable de se former à l'utilisation du logiciel mais aussi à l'outil informatique. Tenez malgré tout un livre de bord papier, et prévoyez une sauvegarde miroir RAID ou une sauvegarde automatique sur disque dur externe de votre trace, du livre de bord numérique et de vos cartes numériques, évidemment. Toutes ces "ficelles" vous seront enseignées dans toutes les bonnes écoles de navigation, à terre, à bord ou aussi par Internet désormais.

Devenir un bon Captain

Etre un bon Captain capable de naviguer vite et loin ne suffit pas en grande croisière. Il faut aussi et même surtout être capable d'écouter les besoins et les envies des autres membres de la famille et de leur faire une bonne place. La vie en catamaran peut être stressante pour ceux qui n'en ont pas l'habitude, alors inutile d'en rajouter. Même – et surtout – en cas d'urgence, les cris sont à bannir à bord d'un catamaran et le calme du skipper, même s'il n'est qu'apparent, est indispensable à la sécurité de tous.
Dernier point et non des moindres, et c'est un spécialiste qui vous en parle, inutile d'attendre la mutinerie de l'équipage pour changer vos plans. Chacun doit avoir à bord la possibilité de faire valoir son point de vue, même les plus jeunes... Et c'est par le vote que les choix doivent être pris pour que chacun se sente vraiment impliqué dans l'aventure familiale.

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