Multicoques Magazine, l'essentiel du catamaran et du trimaran
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PARTIR - ET S'IL SUFFISAIT D'OSER...

PARTIR - ET S'IL SUFFISAIT D'OSER...

Partir pour une année sabbatique :
comment cela se passe-t-il ? Comment y arriver ? Comment la financer ? Et cela vaut-il vraiment le coup ? Comment les enfants vont-ils vivre cette aventure ? Autant de questions que se posent, entre autres, les candidats au départ.

ET S'IL SUFFISAIT D'OSER…

On en rêve tous : quitter ce quotidien, certes rassurant, mais tellement prévisible pour s'en aller de l'autre côté de la mer, voir si le "bleu-lagon" est une vraie couleur, découvrir les merveilleuses îles bordées de cocotiers et pouvoir, enfin, profiter de sa famille, voir grandir ses enfants… Vivre, naviguer, sans autre contraintes que celles que nous nous fixons.

Ce rêve, de plus en plus d'hommes et de femmes le réalisent, en partant pour un an ou plus pour un tour de la Méditerranée, de l'Atlantique ou pour réaliser "la grande boucle". Un rêve qui n'est réservé ni aux milliardaires, ni aux marins expérimentés.
Une année sabbatique en cata et si, finalement, il suffisait d'oser ?

Depuis plus de vingt ans que Multicoques Mag existe, nombre de nos lecteurs ont passé le pas. Ils sont partis, et sont revenus. Souvent, les journalistes du magazine ont été les confidents de ces "aventuriers", et notre photothèque regorge de leurs souvenirs immortalisés dans les plus beaux endroits du monde. De ces milliers d'expériences, vécues toujours différemment selon les uns et les autres, nous pouvons tirer une conclusion : partir pour une année sabbatique (au moins), ça vaut vraiment le coup…

ANGOISSES D'AVANT DÉPART
Pourtant, avant de vraiment franchir le pas et de larguer les amarres, combien de nuits d'angoisse, d'insomnies et surtout de questions posées… Et surtout, surtout, cette "culpabilité" de vouloir emmener sa famille dans cette aventure, qui est, souvent, un rêve d'enfance que ne partagent pas forcément les autres membres de la famille…
Parmi les grandes questions d'avant départ revient tout le temps celles de la sécurité. En général ses propres angoisses sont en plus relayées par les grands-parents et les amis, pour qui, le bateau, c'est dangereux. S'il ne faut pas se voiler la face - les accidents peuvent arriver - force est de reconnaître qu'ils sont très rares sur un classique tour de l'Atlantique. Les deux plus grands dangers en mer sont l'incendie et la chute à la mer. Contre le feu, les constructeurs et les normes de sécurité ont considérablement limité les risques. Et aucune
histoire de catamaran de croisière entièrement détruit par le feu ne nous a été relatée au magazine ces 20 dernières années… Le risque de chute à la mer est bien réel. Mais quelques mesures faciles à mettre en place limitent considérablement les dangers de tomber à l'eau : des chandeliers solides, des mains courantes bien placées, et surtout s'attacher dès que les conditions l'exigent et systématiquement lorsque l'on est seul de quart sur le pont. Enfin, la stabilité de la plate-forme d'un catamaran est un gage de sécurité pour lutter contre ce risque.
Et puis il y a le piratage, la maladie ou l'accident loin de tout médecin. Et toujours la sempiternelle question du retour. Comment cela se passe-t-il ? Pourrons-nous nous réintégrer dans la société après avoir passé une année en autarcie sur notre catamaran ?
Et les enfants… Comment réagiront-ils ?
Et puis un jour, l'envie devient plus forte que ces questions sans cesse répétées. Il y a ceux qui se lancent et ceux qui restent. Ceux qui osent et ceux pour qui le rêve ne deviendra jamais réalité. De l'avis de tous ceux qui sont partis, c'est bien là le plus difficile, prendre la décision. OSER ! La suite n'est en général, que du bonheur…

LE TEMPS DE LA PRÉPARATION
Lorsque la décision de partir est prise, le plus dur est fait… Le reste n'est que de l'organisation !
Certains doivent alors gérer leur vie professionnelle en prenant un congé sabbatique d'un an (ou plus). D'autres démissionnent purement et simplement. Certains ont la chance de revendre leur affaire et partent l'esprit libre, pour une durée qui dépend du montant qu'ils ont devant eux…
Les candidats au départ sont tous différents et ont des parcours multiples. Seule leur envie de
partir en famille (ou en couple et même seul) pour vivre différemment leur est commune. Sur l'eau, on trouve toutes les catégories socio - professionnelles représentées. Du notaire au cadre dans une multinationale, en passant par le dentiste en "pré-retraite" ou même le journaliste de Multicoques Mag…  Une fois le budget défini et son temps sabbatique organisé, il faut prévoir toutes les situations pour que tout se passe au mieux. Comment se prépare-t-on à une année sabbatique ? Partir vivre sur un bateau pour un an ou plus est presque toujours le fruit d'un rêve longtemps imaginé. Au moment de se lancer, il y a pourtant de nombreuses choses à faire : vendre ou louer son appartement, se débarrasser de sa voiture, organiser ses relations avec la banque, les impôts et autres administrations… De l'avis des lecteurs du magazine, ce rôle de "secrétaire particulier" convient parfaitement aux grands-parents, à moins d'avoir dans sa fratrie un volontaire habitant à quelques kilomètres… Et puis il faut aussi parfaire sa formation. Dans le cas d'une famille, que les deux adultes, voire les adolescents soient capables de diriger le bateau et de récupérer un homme à la mer est le minimum. Il existe des stages organisés sur des multicoques, d'un coût modique, et qui permettent que tous à bord aient les compétences minimums pour faire face à un imprévu. Posséder une bonne pharmacie à bord est indispensable et avoir fait un stage de premiers secours est un vrai plus. Et puis, si votre parcours vous emmène vers des coins reculés, il faut être capable de réparer facilement ce qui peut tomber en panne et gâcher votre croisière : un stage de mécanique diesel est alors appréciable…


ET LES ENFANTS ?
Les enfants à bord… Que de questions à leur sujet. Comment vont-ils s'adapter ? La sécurité ? L'école ? Dans la très grande majorité, les enfants s'adaptent à la vie à bord bien plus vite que les adultes. En quelques jours, ils assimilent les règles de sécurité, trouvent leur place à bord, et prennent un vrai plaisir à cette nouvelle vie avec leurs parents enfin disponibles… Partir avec ses enfants est une vraie chance que vous pouvez leur offrir. Les ouvrir sur le monde, leur montrer des choses que les autres ne verront jamais, et surtout, vivre, tout simplement une année pleine avec eux. Si l'adaptation ne pose aucun problème, il faut rester vigilant en terme de sécurité. La stabilité d'un catamaran est à ce niveau un vrai plus. Il faut pourtant garder à l'esprit qu'un jeune enfant doit être sous la surveillance d'un adulte tout le temps. En navigation, limiter leurs déplacements à l'intérieur du bateau ou au cockpit, et les habituer à toujours demander à un adulte avant de sortir est la base de la sécurité. Poser des lignes de vie à bord et avoir un harnais facile à enfiler et qui ne les gène pas est aussi indispensable.
Le plus gros problème avec les enfants à bord, c'est l'école. Le système français du CNED est particulièrement bien adapté à l'école à bord. Le coût en est modique. Moyennant 97 euros pour les maternelles et primaires, 118 euros pour les collégiens et 640 euros pour les lycéens, vos enfants recevront tous les cours de leur année scolaire, avec exercices, devoirs, et s'ils travaillent bien, le certificat de passage en classe supérieure pour reprendre une scolarité classique à votre retour… Le seul hic, c'est que si vous êtes en année sabbatique, ce n'est pas leur cas. Ils devront donc travailler. En général, l'expérience montre qu'en "faisant l'école" tous les matins et en se gardant quelques vacances lors des visites à bord des amis ou de la famille, on arrive à suivre le programme. Mais il est parfois difficile de mettre certaines de nos têtes blondes au travail, lorsque l'on est au mouillage dans un coin paradisiaque…
Si le sujet des enfants à bord vous intéresse, n'hésitez pas à vous référer à notre dossier complet.

LE CHOIX DU (BON) BATEAU
Et oui, car pour partir, il faut un bateau. Si vous avez ce magazine en main, c'est que le choix d'un multicoque, vous paraît la solution… Stable, confortable, plus rapide qu'un monocoque équivalent, offrant une belle intimité à chaque membre de la famille, facile à manœuvrer, le catamaran est LA solution idéale pour une année sabbatique en famille. La meilleure preuve est que nous connaissons tous des "monomaniaques" qui sont passés sur plusieurs coques, alors que l'inverse est beaucoup, beaucoup plus rare. Quand on a goûté aux joies du catamaran, il est difficile de repartir sur un bateau étroit, qui penche, et dont le tirant d'eau vous interdit les meilleurs mouillages… Mais dans la famille des multicoques, le choix est vaste : si, pour une croisière en famille au long cours, le trimaran n'est pas l'idéal, le marché du catamaran offre un choix pléthorique. Neuf ou occasion, grande série ou cata construit à l'unité, en CP, sandwich, ou alu, plus ou moins rapide, acceptant une charge plus ou moins importante, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses (de 50 000 à 3 millions d'euros !). C'est donc avant tout une question de choix personnel. Aujourd'hui, la majorité des candidats à l'année sabbatique opte pour un catamaran de grande série, plus ou moins équipé "grande croisière". On en trouve facilement sur le marché, et la revente, après son voyage est assez facile, si tant est que le bateau est en bon état et le prix demandé cohérent. C'est cette partie de la préparation qui demandera le plus de travail, car le bateau choisi deviendra, pour le temps de la croisière, la maison de la famille. Il doit donc répondre aux envies et aux besoins de la famille : nombre de cabines suffisant, capable d'emmener la charge nécessaire, mais aussi répondant aux compétences nautiques de l'équipage. Rien de pire que de devoir se traîner sur un bateau lourd, si vous et votre famille êtes des fanas de régates en cata de sport. Tandis, qu'à l'inverse, devoir sans cesse manœuvrer, régler les dérives et jouer avec les bras de spi peut rapidement lasser un équipage familial… Le choix dépendra donc en grande partie de votre équipage et de votre programme. Il faudra le définir avec attention pour ne pas se tromper et gâcher votre rêve !

LE PROGRAMME DE NAVIGATION

Alors année sabbatique ou grand départ pour "aussi longtemps que le vent me portera" ? Tour de Méditerranée, de l'Atlantique, des Antilles ou carrément tour du Monde ?
La classique de l'année sabbatique est le tour de l'Atlantique : on part du port où l'on a préparé le bateau, on traverse l'Atlantique en passant par les Canaries, parfois le Cap-vert. Puis on passe 9 mois aux Antilles avant de revenir par une deuxième transat. L'autre solution est d'acheter son cata aux Antilles et d'y passer son année : on revend le cata sur place ou en Europe après une transat retour. En général le choix sera fonction de l'envie de traverser l'Atlantique, mais aussi de l'opportunité de trouver le bon bateau au bon endroit.
Le tour de Méditerranée est plus rare, mais offre sans conteste une destination des plus variées. Seul bémol, la météo pendant les mois d'hiver qui sera plus dure à vivre qu'aux Antilles et sa température bloquée sur les 30°c…
Et puis, pour ceux qui partent pour au moins trois ans, il y a le mythique tour du monde par les alizés. Une vraie belle aventure, faites de navigations hauturières, de mouillages sauvages et isolés, de rencontres uniques et de destinations à défricher.
Quelque soit votre programme, il faudra l'adapter à votre bateau (difficile d'envisager une transat sur un cata de 8 mètres…), mais aussi à votre équipage. Pourquoi imposer une traversée à votre famille, si votre femme souffre d'un mal de mer chronique, ou est terrorisée dès que la terre disparaît à l'horizon ? Mieux vaut faire un beau tour des Antilles qui ravira tout le monde que d'imposer un planning que votre équipage ne pourra pas suivre…

ET LE RETOUR ?
Et oui, car la plus belle des aventures a toujours une fin. Il faudra bien rentrer et reprendre une vie "normale". Reprendre le travail pour certains, recommencer le metro-boulot-dodo, après avoir vécu une vie pleine et entière avec sa famille n'est pas toujours facile. Là encore, les enfants montrent une capacité d'adaptation incroyable. En quelques jours, ils redeviennent terriens et retrouvent leurs habitudes avec gourmandise. Pour les adultes, c'est parfois plus difficile et plus long. Certains n'hésitent pas à écrire un livre ("Histoire de Partir" - famille Nieutin ou "Un temps pour un rêve - Geoffroy de Bouillane) pour continuer l'aventure, et "redescendre" plus doucement. En tout cas, tous reconnaissent avoir tiré un enseignement très positif de leur aventure. Et surtout avoir la sensation d'avoir vécu pleinement leur vie, et de garder, au fond du cœur, une foule de souvenirs pour le reste de leur vie. Ils l'ont fait !

CONCLUSION
Nous vous parlions, au début de cet article, des nombreux lecteurs de Multicoques Mag qui ont passé le pas… Après avoir géré leur retour, tous sont unanimes, même ceux qui ont vécu de grosses galères : cette parenthèse dans leur vie aura été EXTRAORDINAIRE. Un moment privilégié de sérénité, une sensation de vivre pleinement sa vie, et surtout, surtout, un plus qui leur aura, pour la plupart, permis d'entamer une nouvelle vie beaucoup plus pleine et plus riche que celle qu'ils avaient avant de partir.
Allez, un peu de courage et jetez-vous : il n'y a, paraît-il, que le premier pas qui compte !

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