Multicoques Magazine, l'essentiel du catamaran et du trimaran
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Enfants à bord

Enfants à bord

Nous y pensons tous, lorsque nous emmenons nos enfants en croisière, que ce soit pour une semaine ou pour 10 ans : comment vont-ils s'acclimater à cette vie si particulière, faîte de règles de sécurité et de promiscuité ? Et puis est-ce dangereux pour eux ? Et comment organiser le bord pour que tout se passe au mieux ?

Avant de partir

A lire avant de partir
Un temps pour un rêve
L'histoire de Geoffroy de Bouillane et de sa famille à bord de Kadavu, leur Outremer 45. Un condensé d'expériences, un beau livre de mer, et une bonne idée de ce qui vous attend une fois parti avec vos enfants…

Histoire de partir
La famille Nieutin a mis les voiles pour un an sabbatique aux Antilles sur un Nautitech 395. Histoire de partir est plus que leur histoire, il s'agit de la réponse aux mille et une questions que se pose tout candidat au voyage. A lire absolument !

Voyager avec des enfants, aux éditions Ulysse:
Voyager avec des enfants proposé par Ulysse se veut un document de référence pour toutes les étapes d'un voyage - avant, pendant et après, qu'on voyage en France, ou à l'étranger; il s'inspire des expériences vécues par le couple d'auteurs (eux-mêmes parents d'une petite fille), d'une recherche approfondie et de plus de 30 années d'expérience. Un livre qui n'est pas spécifiquement lié au bateau, mais très utile.

Quelques guides
Le Guide Médical de Bord, Mer-Med, Édition Vagnon-Les Éditions du Plaisancier Miribel 2005 dont vous aprécierez les chapitres pratiques sur la prévention, l’organisation de la pharmacie et de la vie à bord, le didactisme. Beaucoup de photos, images parfois crues.
Soigner avant le médecin-Urgences à bord, Dr Jean-Yves Chauve, Voiles & Voiliers Paris 2005 clair, simple et efficace pour l’urgence grâce aux fiches et organigrammes d'aide à l'action. Un vademecum du geste de secours par le médecin qui travaille sur la télémédecine depuis 15 ans.
Guide Médical-Premiers secours et soins en mer, Dc Hubert Guérin et Antoine Grau, Éditions Loisirs Nautiques, Cenon 2004.
Le Guide de la Médecine à Distance tome 1 Consulter un médecin à distance tome 2 soigner avec un médecin à distance, Dc Jean-Yves Chauve, Éditions Distance Assistance, La Baule 2003. Une référence.
Pas un salon nautique, pas une semaine, sans que l'un de nos lecteurs ne nous interpelle sur la question des enfants à bord : du bébé à l'adolescent, les questions sont nombreuses et les angoisses bien réelles. Pourtant, après avoir navigué une semaine aux Grenadines en charter, ou un an autour de l'Atlantique, le retour montre que tout se passe (heureusement) incroyablement bien…
Pourquoi : les enfants ont tout simplement une capacité d'adaptation 100 fois supérieure à la nôtre…

Le cata : espace et intimité
De l'avis général des familles qui partent en bateau, le plus difficile à vivre reste l'exiguïté du bateau, et ce qui en découle forcément : le manque d'intimité, aussi bien pour les enfants que pour les parents. Et cette intimité, cet espace disponible pour chacun, le catamaran l'offre bien plus que n'importe quel autre bateau…
Ainsi, le système qui, semble-t-il fonctionne le plus naturellement du monde est d'avoir une zone enfant, une zone parent et une zone commune… A chacun de définir ces espaces comme bon lui semble. Par exemple, lors d'une croisière aux Iles Vierges d'une semaine avec deux familles (soit quatre adultes et quatre enfants), la solution retenue a été une coque par famille (les enfants ayant ainsi deux cabines à leur disposition), le carré pour les enfants, qui pouvaient ainsi dîner, regarder un film, dessiner… Tandis que les parents avaient annexé le cockpit, où ils pouvaient refaire le monde jusqu'à plus d'heure, sans déranger leur progéniture avec leurs libations… Ce système est d'autant plus intéressant, qu'au niveau sécurité, il permet de surveiller les allers et venus des plus jeunes vers l'extérieur.
Dans le cas d'une famille sur un tour de l'Atlantique (par exemple), c'est beaucoup plus simple. Une coque enfants, une coque parents, et le tour est joué ! Parfois on doit changer cet ordre des choses : que les plus jeunes (moins de 6 ans) soient dans une cabine dans la coque des parents permet de surveiller leurs aller venues pendant la nuit, et d'éviter qu'ils ne se retrouvent seuls dehors… Ensuite, l'idéal est de permettre aux plus grands des enfants, surtout les adolescents, d'avoir leur propre cabine. A cet âge, pouvoir s'isoler, se retrouver dans son propre univers et vraiment important. Les ado ne montreront pas forcément la même motivation que vous à quitter les copains pour vivre sur un bateau pendant un an ou plus… A vous de les aider au maximum, en leur proposant un espace personnel, qu'ils pourront aménager selon leurs envies.

La sécurité à bord
C'est le point crucial, la grande question des parents emmenant leurs enfants à bord. Et cette question est aussi valable (et peut-être même plus) pour une semaine en location que pour une année ou plus à bord. En effet, les enfants ont une capacité d'adaptation remarquable et ils comprennent rapidement les impératifs de sécurité. Ce sont donc les premières semaines qui sont les plus risquées, avant que les réflexes ne soient bien ancrés en eux. Ainsi, Geoffroy de Bouillane raconte merveilleusement bien ses angoisses de père et de capitaine de Kadavu (un Outremer 45) dans son livre "Un temps pour un rêve". Il y décrit ses cauchemars, mais aussi l'obligation de s'attacher et de porter une brassière qu'il impose à ses enfants… les premières semaines. Ensuite, chacun trouve ses marques à bord, et les enfants ne s'attacheront plus systématiquement… Car le catamaran offre une sécurité bien plus importante que le monocoque : le bateau bouge moins ! Et cette stabilité permet de laisser (raisonnablement) les enfants du bord vaquer à leurs occupations, lors de navigations tranquilles.
Une des solutions que j'applique, lors de mes croisières familiales ou dès que je suis en charge d'un bateau avec des enfants à bord, et de mettre un des adultes en "quart-enfant". Qu'est-ce que cela signifie ? C'est simple, un adulte doit toujours s'occuper des enfants de moins de 8 ans, c'est-à-dire les voir et en avoir la responsabilité. Dès que cet adulte doit s'absenter, que ce soit pour quelques secondes ou plus, et donc les quitter des yeux, il désigne de manière claire et précise un autre adulte, qui prend alors en charge les enfants, en citant le prénom des enfants qu'il prend sous sa responsabilité… C'est simple, facile, pas contraignant, et lors des navigations (ou même au mouillage avec les plus petits) cela permet de toujours avoir le regard d'un adulte sur les enfants et d'éviter le pire : la chute à la mer. Car c'est bien là le plus grand danger à bord ! Pour l'éviter, il convient d'abord de refuser systématiquement de partir en croisière (même pour quelques heures), sur un bateau non cerné sur tout son pourtour par de solides chandeliers. C'est là le B.A. BA de la sécurité. Les chandeliers (solides) et les filières permettent de se rattraper et de s'accrocher selon le vieil adage : une main pour soit, une main pour le bateau. Si vous partez sur un catamaran avec de jeunes enfants pour quelques mois, il est encore plus sécurisant de doubler la filière par un filet. C'est simple, et là encore, cela peut être d'un grand secours. Dans le même registre, il est maintenant courant d'avoir des lignes de vies à poste, même sur les catamarans de location. Lors de votre réservation, il suffit de demander au loueur de les installer pour sécuriser vos enfants. Ils pourront ainsi profiter l'esprit tranquille du trampoline, alors que vous entamez votre traversée de nuit vers les Grenadines, au départ de la Martinique. Et ce moment, incroyablement magique, restera pour longtemps dans la mémoire de vos chères têtes blondes.
Pour pouvoir profiter de ces lignes de vie, encore faut-il avoir prévu des harnais à leurs tailles. Selon votre budget et la durée de votre croisière, vous pourrez choisir un harnais simple, ou ceux qui sont doublés d'une brassière auto-gonflable, facile à mettre, pas encombrants et tellement sécurisants. Dernier point : l'exemple. Difficile d'expliquer à un enfant de 8 ans (qui se prend pour un grand !!!) qu'il doit s'attacher, si les adultes déambulent les mains dans les poches sur les passavants. Dernier espace de liberté, la mer vous offre la possibilité d'être le seul maître à bord : mais cela ne vous exonère (surtout) pas de vos responsabilités ! L'exemple en fait partie.

Quelques règles indispensables
Avant de quitter le port, il convient de faire un briefing sécurité. Chaque skipper le sait et se doit d'appliquer cette règle simple. Les enfants doivent y participer, mais il faut aussi leur proposer un briefing personnalisé (auquel devraient participer tous les adultes du bord). On en profitera pour leur expliquer comment fonctionne un bateau, et surtout les quelques règles impératives :
- En cas de chute à la mer, on hurle… Celui qui y assiste hurle aussi… Personne ne sera disputé !
- Toujours se tenir fermement à l'extérieur comme à l'intérieur. En effet si une chute à la mer peut être dramatique, une chute à l'intérieur peut être très douloureuse. Se tenir lorsque l'on navigue et que l'on se déplace est OBLIGATOIRE.
- Quand on donne un ordre, on obéit immédiatement et rapidement. L'adulte pourra ensuite prendre le temps d'expliquer le pourquoi du comment, quand la situation le permettra.
- Toujours énoncer clairement ses déplacements. "Je vais à l'avant, je vais aux toilettes, etc… Afin que l'on ne mette pas le branle-bas à bord à la recherche du petit dernier qui est simplement parti dans sa cabine chercher son dragon rouge à ailes vertes… (Histoire vécue !)
Même les plus jeunes comprennent ces règles de base, simples à comprendre et facile à mémoriser. A partir de 7-8 ans, les enfants peuvent prendre un peu plus part à la marche du bateau, faire seuls quelques manœuvres et devenir alors un peu plus autonome. Ces responsabilités nouvelles s'accompagneront alors forcément de nouvelles règles de sécurité, pour éviter les blessures : avant d'ouvrir un coinceur, toujours mettre le bout sur la poupée du winch, si la tension est trop forte, tout lâcher plutôt que de se brûler les doigts et accessoirement savoir que la manivelle de winch est une arme : on peut taper sur la tête de la bonite avec, mais pas sa petite sœur… Enfin, il convient de bien garder à l'esprit que le guindeau est sûrement la chose la plus dangereuse à bord. Donc réfléchissez bien avant d'autoriser votre petit dernier à remonter le mouillage. Cela nécessite une vraie formation, en lui expliquant clairement tous les risques liés à cette manœuvre…
Pour en finir avec la sécurité, sachez que les chutes à la mer d'enfants sont très rares en navigation. Elles ont le plus souvent lieu au mouillage, alors que les enfants jouent, ou sur les pontons. S'il est difficile d'apprendre à un enfant à nager avant l'âge de 5 ans, on peut lui donner quelques cours de natation, qui lui permettent de ressortir la tête de l'eau et d'atteindre un point d'appui ou il pourra attendre les secours…

Se préparer
On ne prépare pas une croisière avec des enfants, comme une virée avec des copains qui naviguent ensemble depuis 20 ans… Et ceci, encore une fois, est valable dans une certaine mesure, pour une semaine de location, comme pour une année sabbatique.
Tout d'abord, les enfants adorent nager, plonger, courir sur les plages, et un peu moins les longues navigations au près ! Donc, lors de la préparation de votre croisière, prévoyez des étapes courtes, aux heures de la sieste des plus jeunes. Cela évitera les sempiternels "quand est-ce qu'on arrive ?" aussi valable en bateau qu'en voiture. Ne pas hésiter à prévoir des haltes baignades, qui permettent de se défouler (même en pleine mer, avec des mesures de sécurité draconiennes)… L'idéal restant les navigations de nuit, ou les départ très tôt le matin. Lors des navigations plus longues, faire participer les enfants : ils adorent barrer, tracer la route sur les cartes, s'occuper du GPS… Et cela dès 4 ans !
Au niveau de la pharmacie, il convient d'avoir sous la main, des produits contre le mal de mer adaptés aux enfants (l'homéopathie offre des produits excellents), même si les plus jeunes sont rarement sensible à ces désagréments. Et puis prévoyez aussi une pommade "anti-coups"… C'est fou comme certains enfants arrivent à se cogner. A croire qu'ils ont un radar pour trouver les angles vicieux…
Mais le plus grand danger à bord d'un bateau, c'est le soleil. Casquette, T-shirt, crème solaire ultra protectrice sont indispensables. Acheter un t-shirt en lycra pour nager est aussi un investissement utile. Vous protégerez ainsi le capital soleil de la peau de vos enfants. N'oubliez jamais que leur peau est beaucoup plus sensible que la vôtre, et que même après plusieurs mois de vie sous les tropiques, on peut rapidement se retrouver brûlé par les rayons particulièrement agressifs du soleil… Surtout lorsque l'on passe des heures dans l'eau ! Le soleil peut aussi être la cause de déshydratation. On a rarement soif en bateau. Pourtant, lors d'une croisière sous les tropiques, il fait très chaud. Le fait de passer de longs moments dans l'eau à se rafraîchir n'empêche surtout pas de boire beaucoup. 1,5 litre d'eau par personne et par jour et vraiment un minimum. A ne pas négliger lors de l'avitaillement et surtout, pensez à proposer de l'eau très régulièrement aux plus jeunes.
Ceux qui envisagent de partir dans des coins reculés, au niveau sanitaire médiocre, devront prévoir une trousse à pharmacie complète. Il convient alors de faire appel à votre pédiatre et même à un médecin spécialisé en médecine tropicale, pour avoir sous la main le matériel, les médicaments et surtout savoir comment les utiliser. Nombre des lecteurs de Multicoques Mag partant pour une année sabbatique, n'hésitent pas à faire un stage de secourisme. C'est facile, et très utile. Enfin, si vos pérégrinations vous emmènent en Afrique ou dans certains coins reculés des Antilles, n'oubliez pas de vacciner toute la famille contre les hépatites A et B, la fièvre jaune, typhoïde et méningites… Reste le paludisme, qui infecte nombre de zones de navigation. A bord, les moustiques sont rarement présents, mais dès que l'on va à terre, on peut être infecté. Il faut donc se renseigner avant le départ sur les zones dangereuses et prendre son traitement anti-palu bien avant d'y arriver, et longtemps après avoir quitté la zone… Là encore, cela implique d'avoir bien prévu ses escales.

Comment les occuper
Un bébé, avant qu'il ne soit capable se "s'évader" à 4 pattes, ne pose aucun problème à bord. C'est après que les soucis commencent ! Il convient alors d'occuper les enfants. Au mouillage, pas de problème. Ils sont, en général, les premiers à l'eau, et les derniers à en sortir. Pendant que les plus jeunes passent leurs temps à sauter du bateau ou à jouer sur la plage toute proche, les plus grands adorent partir à la chasse et ramener le dîner… Les soirées sont en général l'occasion de vivre ces moments de communions familiales pour lesquels vous avez tant souhaité partir en bateau !
En navigation, nous avons vu plus haut que même les plus jeunes peuvent s'intéresser, prendre part à certaines manœuvres. Mais cela ne suffit pas ! Il faut donc prévoir des occupations : quelques feuilles de papier, des crayons de couleurs, et même les pré-ado se sentent des talents artistiques. Prévoir une bonne quantité de papier et quelques coloriages et vous serez tranquille pendant de quelques heures.
Aujourd'hui, ordinateurs portables ou lecteurs portables de dvd s'embarquent sans problème et se rechargent en 12 volts. Rien de tel que d'autoriser un bon film pendant une navigation : "on arrive dans deux films" et tout le monde est content…
Enfin, prévoir beaucoup de musique et une bonne bibliothèque : c'est fou comme le plus hermétique des adolescents à la lecture peut dévorer comme livre en mer.

L'école à bord
Le sujet qui fâche… C'est déjà compliqué de faire faire ses devoirs à un enfants à la maison, alors lui faire l'école à bord n'est souvent pas une sinécure… Et pourtant : si vous envisagez de partir vivre à bord avec des enfants, il faudra bien en passer par là ! Les français ont la chance d'avoir un système excellent dépendant de l'éducation nationale : le CNED (centre national d'enseignement à distance). Moyennant 97 euros pour les maternelles et primaires, 118 euros pour les collégiens et 640 euros pour les lycéens, vos enfants recevront tous les cours de leur année scolaire, avec exercices, devoirs, et s'ils travaillent bien, le certificat de passage en classe supérieure pour reprendre une scolarité classique à votre retour… Là encore, il faudra bien vous organiser, afin de recevoir et de pouvoir envoyer les cours à dates fixes. Reste à organiser le travail à bord. En général, et d'après les exemples des lecteurs du magazine, les enfants travaillent tous les matins sous le contrôle d'un des parents, et s'autorisent des "vacances" lors de visites à bord. En respectant cet emploi du temps, l'école à bord reste supportable, même si certains matins, envoyer les petits "à l'école" n'est pas toujours simple, alors que le bateau est au mouillage aux Baths ou à Bora-Bora…
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